PARRSA – L’introduction des géniteurs boucs et coqs crée des emplois et génère des revenus pour les éleveurs de la Mongala

Un éleveur de Lisala avec son bouc geniteur et ses chèvres

Depuis une quinzaine d’années, Mr César Kolokota élève des petits ruminants et de la volaille à Lisala, dans la Province de la Mongala en RDC. Il n’avait jamais espéré se faire un nom dans sa contrée et devenir un éleveur modèle parmi tant d’autres petits producteurs. Grâce au financement de la Banque mondiale à travers le Projet d’Appui à la Réhabilitation et à la Relance du Secteur Agricole (PARRSA), son organisation des Producteurs a reçu des géniteurs améliorés. Leur croisement avec les chèvres et poules de race améliorée donne lieu à une nouvelle race hybride très appréciée aussi bien par les éleveurs que par la population locale. Fier de son métier, il se dit heureux de vivre décemment en tirant profit des ressources issues de son travail d’élevage. « J’élève aujourd’hui les chèvres et les poules de race améliorée acquis grâce au Projet. Puis, je les vends. Avec ce revenu, j’ai acheté une parcelle et je paie la scolarité de mes enfants sans recourir à l’assistance financière de qui que ce soit ».

Plusieurs éleveurs de la Mongala reconnaissent avoir bénéficié de l’appui du Projet d’Appui à la Réhabilitation et à la Relance du Secteur Agricole (PARRSA) dans différents domaines tels que la formation sur les techniques d’élevage, la santé animale, la préparation des aliments pour les bétails, la vaccination, l’installation des pharmacies vétérinaires, la construction des abris, l’introduction, l’adaptation progressive des géniteurs améliorateurs (boucs et coqs), leurs distributions aux éleveurs regroupés en association (Organisation des Producteurs) et la naissance des poussins ainsi que des chevreaux/chevrettes. Les différents appuis susévoqués s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la sous composante relative à l’amélioration de la production animale. « Les poussins hybrides ont un poids appréciable variant entre 18 à 20 grammes contrairement à ceux des races locales de 10 à 11 grammes. Une fois qu’ils ont grandi, certains sont destinés à la consommation dans les ménages et d’autres sont vendus. Les recettes de cette vente contribuent à la bonne marche de l’association (l’achat de vaccin, l’entretien du poulailler communautaire, etc.» explique Roger Mundele du Centre de reproduction ECOMAPRO à Ebonda dans le territoire de Bumba.

Chevreaux Hybrides F1 au centre de reproduction ECOMAPRO à Ebonda dans le territoire de Bumba

La partie nord de l’ancienne province de l’Equateur (comprenant les provinces du Nord Ubangi, Sud Ubangi et la Mongala où s’exécute le PARRSA) est réputée être un grenier agricole. L’élevage y occupe une part importante en termes d’activité lucrative. L’arrivée des géniteurs a permis de satisfaire la demande croissante des populations en aliments nutritifs tout en améliorant leurs moyens de subsistance. Elle a aussi aidé les petits producteurs à contribuer davantage au développement de leurs communautés grâce à l’amélioration de leurs revenus. « Les paysans, comme nous aussi les éleveurs, avons plus de préférence pour la volaille et les petits ruminants hybrides car ils donnent de la bonne viande et leurs ventes nous procurent beaucoup de revenus », témoigne Lambert Lula, un éleveur basé au village Bondaba à Lisala et Président de l’Organisation des Producteurs dénommé Groupe d’Intérêts Paysans pour le Développement Intégral (GIPDI).

Outre le fait de promouvoir et accroître la rentabilité financière des petits producteurs, l’appui du PARRSA dans l’élevage a permis de promouvoir la main d’œuvre agricole locale par la création d’emploi chez les jeunes comme en témoigne si bien Pierre Ogbassa. Cet éleveur, membre du Centre de reproduction AEYI à Monzamboli dans le territoire d Bumba, est parvenu à capitaliser les connaissances acquises au PARRSA et ne cache pas sa satisfaction. « Après avoir été formé comme ACSA (Agents communautaires en santé animale) par le PARRSA, j’administre des soins aux petits ruminants et volailles de la contrée. Ceci me rapporte un peu plus de sous. J’ai pu engager deux jeunes autres éleveurs et rajouter cet argent sur le compte de mon épargne d’élevage pour m’acheter une moto, m’approvisionner en vaccins et autres produits vétérinaires afin de mieux réaliser mes itinérances et parer aux risques de maladies dans la zone ».

Poules et coqs Hybrides F1 de l’Association AEYI à YALIMBILIA à Monzamboli-Bumba Territoire

Cependant, en 2012, cette région était confrontée à deux épizooties : la Pseudo Peste Aviaire (PPA) et la Peste des Petits Ruminants (PPR). Elles ont occasionné des pertes importantes (30 à 40% du cheptel). Pour pallier cette situation, le PARRSA a, avec l’appui de la Banque mondiale, mené deux vastes campagnes de vaccination contre ces épizooties en 2014 et en 2015 en vue d’assainir son aire d’intervention de toutes ces épizooties. Le succès récolté dans cette opération a facilité l’introduction de 1600 coqs améliorateurs et 450 boucs géniteurs répartis dans 390 centres de reproduction de coqs et 225 centres de reproduction de boucs créés pour les 21.431 éleveurs lesquels sont regroupés en 303 Union des Organisations des Producteurs (UOP) de 4354 Organisations des Producteurs (OP). Le PARRSA a pour objectif d’augmenter la productivité agricole et d’améliorer la commercialisation des produits végétaux et animaux des petits producteurs à la base dans les zones ciblées.

D’après Alfred Kibangula Asoyo, Coordonnateur du PARRSA, « l’une des fortes valeurs ajoutées du projet a été la réalisation de la vaccination de la volaille, avec un taux de couverture de 111% grâce à l’implication des autorités locales et coutumières, de la société civile et des médias. Cette opération a permis de mieux structurer les éleveurs, de renforcer les capacités nationales de riposte et d’assainir le milieu avant l’introduction en Octobre 2015 des géniteurs dans les fermes des organisations d’éleveurs ». Les résultats positifs de l’introduction des géniteurs démontrent à suffisance que les appuis du Gouvernement avec le soutien de la Banque mondiale sont bien perçus au niveau décentralisé et permettent non seulement de renforcer la création locale de richesses mais également de lutter contre la pauvreté.

 

A la fin de l’année 2016, le projet a enregistré 76.713 poussins hybrides et 1.051 chevreaux ayant bénéficié à plus de 15.000 ménages au total sur les 31.797 ménages éleveurs parmi lesquels 12.728 ménages ne pratiquent que l’élevage. 50% des ménages d’éleveurs bénéficient des poussins hybrides avec en moyenne 5 poussins/ménage.